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La décharge à saturation

décharge de Guitrancourt

Brueil-en-Vexin. Vue aérienne du site en 2005. La décharge, qui se situe sur la propriété privée de la Malmaison, arrive en fin de vie. (LP/DR.) 

 

logoParisien-292x75 La décharge cessera de fonctionner le 24 février

Elle avait été mise en service en 1974

Elisabeth Gardet | 28 Janv. 2014, 07h00 | MAJ : 28 Janv. 2014, 05h44

Installée sur une ancienne sablière, la décharge du Bois des Obligeois à Brueil-en-Vexin arrive en fin de vie. Le 24 février, elle recevra sa dernière tonne de déchets et entrera dans la phase de réaménagement et de suivi environnemental pendant trente ans. Dans ce petit village du Parc naturel régional (PNR) du Vexin, qui compte à peine 700 habitants, les interrogations sont nombreuses concernant cette fermeture, mais aussi le projet du cimentier Calcia d’étendre ses carrières sur le territoire de la commune à l’horizon de 2018.

Que vont devenir les déchets qui étaient stockés à Brueil? Comment le site sera-t-il réaménagé? La future carrière du cimentier pourrait-elle, dans les prochaines décennies, donner naissance à une autre décharge? Les déchets seront acheminés à Guitrancourt, dans le Val-d’Oise et en Seine-et-Marne.

Il s’agit de déchets dits « ultimes », dont toute matière récupérable a déjà été valorisée : déchets ménagers et assimilés, déchets industriels banals.

« A compter du 24 février, la plupart des déchets seront acheminés vers Attainville (Val-d’Oise) et Soignolles-en-Brie (Seine-et-Marne), centres gérés par Sita », précise Catherine Greber, directrice du stockage chez Sita Ile-de-France.

En prévision de cette fermeture, la société concurrente EMTA, filiale de Veolia, qui exploite la décharge de Guitrancourt sur d’anciennes carrières Calcia, a obtenu une autorisation d’augmenter sa capacité de stockage.

Trente ans de suivi. La décharge de Brueil est une installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND). Elle est soumise à des prescriptions strictes de réaménagement (couverture végétale, plantations…) et de suivi (contrôle des rejets aqueux et gazeux), pendant trente ans.

« Nous avons déjà partiellement réaménagé le site. Les élus et le PNR seront associés à la réflexion, notamment pour le choix des essences végétales », précise Sita. La commune a gagné plus d’un million d’euros.

En 2004, la commune s’était battue pour que Sita lui verse 1 € par tonne enfouie. En dix ans, elle a perçu au total plus d’un million d’euros de redevance. « Cela représentait presque un tiers de notre budget annuel d’investissement.

Nous l’avons mis à profit pour désendetter la commune et effectuer des travaux de voirie et d’aménagement », explique Bruno Caffin, maire (DVD) de Brueil-en-Vexin.

Une autre décharge dans trente ans? Si le projet du cimentier Calcia se concrétise, en 2018, une carrière de calcaire sera exploitée à Brueil pendant trente ans.

« Notre pire crainte, c’est que ces carrières se transforment à nouveau en centre d’enfouissement », confie Sidney Bénichou, qui vit à Brueil depuis 42 ans.

« La région parisienne a besoin de décharges, à plus forte raison avec le futur Grand Paris et ses travaux de terrassement, renchérit Alain Quéré, propriétaire de chambres d’hôtes. Il va bien falloir mettre les déchets quelque part et ce serait étonnant que personne ne saisisse l’opportunité. »

Sita Ile-de-France est claire : « Notre objectif est d’optimiser les installations existantes, pas de construire de nouvelles décharges ». « Je comprends les craintes à long terme des habitants, commente le maire, mais je prends les problèmes un par un! »

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