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Vexin : Vingt-cinq maires contre la future carrière

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5 avril 2017 : Ils ne veulent pas de l’ouverture d’une carrière de calcaire à Brueil-en-Vexin, qu’ils estiment trop polluante et peu attractive. Le cimentier Calcia répond avoir déjà beaucoup modifié son projet.

 

Branle-bas de combat dans le Vexin yvelinois. Vingt-cinq maires des vallées de la Montcient et de la Seine, de gauche comme de droite, de Mézy-sur-Seine à Epône, des Mureaux à Hardricourt, rejettent le projet de création d’une carrière de calcaire cimentier en lisière de Brueil-en-Vexin : ils ont signé jeudi dernier une motion commune « pour la protection des ressources vitales et la préservation de la qualité de vie des habitants ».

« Les bâtiments de la ferme appartiennent à Calcia, j’ai trouvé drôle de vous inviter chez eux », lance le maire brueillois, Bruno Caffin (SE), à ses homologues rassemblés au Petit Saint-Laurent, un traiteur dont les locaux sont situés là où la terre sera bientôt éventrée pour extraire le minéral. Le permis d’exploitation doit être déposé avant l’été par le cimentier Calcia, afin d’alimenter à partir de 2020 sa cimenterie de Gargenville, après la fermeture de la carrière de Guitrancourt.

La motion des élus reprend largement les arguments développés par la puissante association locale militant contre l’ouverture de cette nouvelle carrière, AVL3C – Vexin zone 109, qui compte environ 650 membres. Ils mettent ainsi en avant une « pollution aérienne préoccupante » en vallée de Seine, mais aussi les « menaces » posées par la future carrière concernant « nos ressources en eau » comme « sur les espaces naturels et les terres agricoles ».

Enfin, ils balaient l’argument des emplois fréquemment évoqué par l’industriel, mettant dans la balance ceux de leurs villages du Vexin. « Allez-vous passer vos vacances dans un gîte à 100 m d’une carrière ? », demande en guise de preuve le maire de Brueil-en-Vexin, qui pointe déjà le départ obligatoire d’ici au 1er janvier 2018 d’une entreprise du bâtiment de 35 salariés, installée à la ferme Saint-Laurent.

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 Le permis d’exploitation doit être déposé avant l’été par le cimentier Calcia, afin d’alimenter à partir de 2020 sa cimenterie de Gargenville, après la fermeture de la carrière de Guitrancourt.

« Très concrètement, on sait que des emplois vont être déplacés. Qui peut dire ce que vont devenir les 250 salariés des entreprises de Fontenay, Sailly ou Brueil ? Calcia n’a pas le monopole de l’emploi, avance ainsi Bruno Caffin. Le combat dure depuis une vingtaine d’années : il y a 20 ans, il y avait 300 salariés à l’usine (de Gargenville, Ndlr), il y en a 100. On n’a pas de leçons à recevoir. » Compte tenu de ces réserves, les élus demandent « l’application du principe de précaution ».

La direction de Calcia, contactée, « prend acte » de cette motion, signée sur ses terres comme une déclaration de guerre. L’industriel, lui, met en avant son « travail d’industriel responsable » en « commandant toutes les études », notamment sur l’eau, la tenue « de nombreuses phases de concertation », et les modifications apportées à son projet initial « qui n’a plus grand-chose à voir avec celui qui est porté aujourd’hui ».

« Une carrière est à côté d’une cimenterie, c’est un produit du territoire, transformé sur le territoire, pour le territoire », poursuit-on chez Calcia. Par ailleurs, « il y a aussi des maires qui n’ont pas signé », signale le cimentier : « La commune de Guitrancourt, qui a la carrière [actuelle] sur son territoire, a refusé de signer cette motion (comme Juziers et Gargenville où se situe la cimenterie, Ndlr). »

 

Défaite probable au tribunal administratif

Lundi 27 mars, le tribunal administratif de Versailles a accueilli l’audience portant sur le recours formé par plusieurs mairies, dont celle de Brueil-en-Vexin, contre le classement en Projet d’intérêt général (Pig) de la future carrière par la préfecture des Yvelines.

« On n’est pas optimiste », a cependant prévenu l’édile brueillois, Bruno Caffin (SE), de la décision qui sera connue dans quelques jours. « Nos arguments ont été globalement rejetés par le ministère public, a-t-il précisé à ses homologues réunis jeudi dernier. Très probablement, nous ferons appel, mais il n’est pas suspensif. »

 

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