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Pierre Bédier : « Ces immenses intercos, je n’y crois pas du tout »

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Versailles. Pierre Bédier, président (UMP) du conseil départemental des Yvelines. (LP/F.-X. Chauvet)

 

Pierre Bédier : « Ces immenses intercos, je n’y crois pas du tout »   Le Parisien 12 Mai 2015, 15h32 | MAJ : 12 Mai 2015, 15h32

Pierre Bédier, le président (UMP) du conseil départemental des Yvelines, a lâché cette petite phrase lors d’un discours prononcé ce mardi midi à l’occasion d’une inauguration aux Mureaux.

 

Devant un parterre très fourni d’élus de la vallée de la Seine et d’aménageurs, il a cependant ajouté, notamment à l’adresse du sous-préfet Philippe Portal qui était présent : « Je suis sceptique mais je suis aussi légaliste. C’est pourquoi j’affirme que le conseil départemental ne sera pas un frein au développement de cette grande intercommunalité de la Vallée de la Seine. Et le Département travaillera avec sincérité, sans faire de blocage car il faudra faire en sorte que cela marche. »

Pour un grand Saint-Quentin yvelinois

Article mis à jour le 15 Mai 2015

Quel avenir pour Saint-Quentin et plus largement pour la région Ile-de-France et les collectivités locales qui la composent ? La réponse se trouve peut-être dans la nouvelle carte de l’intercommunalité en Ile-de-France présentée à la rentrée par le préfet de région.

Quelle place pour Saint-Quentin-en-Yvelines dans le Grand Paris ?

La loi du 27 janvier 2014, dite « Mapam », a rendu effective la création du Grand Paris, qui devient un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) dénommé « La métropole du Grand Paris ». Celle-ci regroupe Paris, les communes des Hauts-de-Seine, de la Seine- Saint-Denis, du Val-de-Marne et quelques autres villes. Cette loi prévoit également, pour toutes les intercommunalités adjacentes à cette métropole, un regroupement obligatoire jusqu’à atteindre le seuil de 200 000 habitants.

Une agglomération de 800 000 habitants

Le 28 août dernier, le préfet de région a donc proposé aux élus de diviser par quatre le nombre d’EPCI pour ramener la population moyenne des intercommunalités de 95 000 habitants à 350 000. Concernant Saint-Quentin-en-Yvelines, ce chiffre atteindrait pourtant les 800 000 habitants !

Carte – proposition initiale du préfet de région Carte intercommunalité projet 2016

Une gestion de proximité impossible

La proposition initiale suppose une fusion de la Casqy avec les agglomérations de Versailles – Grand-Parc, du Plateau de Saclay, d’Europ’Essonne. S’y ajouteraient les communes de Vélizy, Verrières-le-Buisson, Wissous, Coignières, Maurepas, et encore la communauté de communes de l’Ouest parisien (Plaisir, Villepreux, Les Clayes-sous-Bois). Cette nouvelle communauté d’agglomération serait alors la plus grande de France ! Les élus représentant les collectivités concernées ne trouvent pas cette proposition acceptable. Ils considèrent qu’il serait impossible de mettre en place une gestion intercommunale de proximité. La question des compétences exercées se pose par ailleurs : en raison de son origine de ville nouvelle, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a un champ d’intervention très large, ce qui n’est pas le cas pour les EPCI constitués plus récemment.

Garder la cohérence du bassin de vie

Michel Laugier président Casqy

Michel Laugier, président de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines© Pierre Grannel Pour Michel Laugier, président de la Casqy, Saint-Quentin-en-Yvelines doit se conformer à l’obligation d’atteindre le seuil de 200 000 habitants, mais dans la cohérence de son bassin de vie. « Des communes (1) nous ont fait part de leur volonté de nous rejoindre. Si la majorité précédente n’avait pas souhaité y répondre favorablement, nous estimons, quant à nous, que cela serait positif pour le développement de notre agglomération. » Et le président d’ajouter : « Si l’objectif du préfet est de dynamiser l’opération d’ intérêt national Paris-Saclay, la mise en place du nouveau périmètre risque surtout de la retarder. En effet, les agglomérations ont déjà l’habitude de porter ensemble des projets structurants. » Il reste trois mois aux collectivités locales pour se prononcer. Les élus des Yvelines et de l’Essonne, opposés à ce périmètre, vont proposer des amendements. En février, le préfet de région pourra aussi apporter des modifications à son projet initial. Déjà, la mobilisation s’engage pour demander un schéma régional respectant les équilibres urbains.

Témoignages : Le Petit Quentin : Quel est votre point de vue concernant le projet de périmètre intercommunal ?

 

Pierre Bédier, président du conseil général des Yvelines

Pierre Bédier

Président du conseil général des Yvelines© Christophe Taamourte Les maires savent tous combien la patience et le respect des équilibres pour le travail en intercommunalité sont essentiels. Or là, l’élargissement réalisé au forceps par l’État de cinq intercommunalités ne regroupant pas moins de 57 communes correspondant à une population de près de 800 000 habitants, et à cheval sur deux départements, est inacceptable, incohérent et inefficace. Inacceptable, car contraire aux préconisations des élus de terrain qui savent mieux que quiconque les points de convergence de leur territoire avec d’autres. Incohérent, car les bassins de vie des populations sont clairement disjoints, il suffit de regarder les flux de circulation. Ils ne se font absolument pas entre l’Essonne et les Yvelines. Inefficace, car cet amalgame contre nature ne débouchera sur aucun projet d’envergure. Je propose plutôt la création d’un pôle métropolitain. Véritable instance de concertation entre élus des agglomérations yvelinoises et essonniennes, dépourvue d’administration, donc sans surcoût, c’est-à-dire sans nouvel impôt, partageant une vision commune autour de grandes thématiques structurantes, comme le transport, lesquelles favoriseront un développement d’ensemble adapté aux territoires et utile aux habitants.

François de Mazières, président de Versailles Grand Parc, député maire de Versailles

François de Mazières

François de Mazières, président de Versailles Grand Parc, député-maire de Versailles© Mélanie Frey Je crains que ce projet en changeant l’échelle nous oblige à abandonner la proximité que nous avons avec les citoyens. Il créera une totale désorganisation des structures, puis leur inefficacité pendant plusieurs années. Le processus que nous avons mis en place à VGP de partage des compétences, de conscience de communauté d’agglomération, de conscience de territoire serait totalement remis en cause. Je comprends que l’État veuille mettre en avant l’OIN de Paris-Saclay, mais pour associer plus étroitement les collectivités, il lui suffit de publier le décret transformant l’établissement public Paris-Saclay en établissement public d’aménagement de droit commun dirigé par un élu. Je trouve enfin paradoxal que l’État demande aux quatre agglomérations du plateau de Saclay de se rassembler, alors même que ni le calendrier ni le financement de la ligne 18, constituant le vrai lien et le vrai projet commun, ne sont encore fixés.

 

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