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Circuit F1, la facture salée !

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Circuit F1, la facture salée

 

La facture du circuit de F1 abandonné s’alourdit pour les Yvelines. Ce ne sont plus 7,8 millions mais 9 qui ont été siphonné dans le projet.

Dans un tout récent rapport d’ « observations définitives », la chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France relève quelques folkloriques légèretés, dans la gestion du département Yvelines, bastion, depuis sa création (en 1968), de la droite francilienne – et narre, par exemple, l’édifiante histoire du circuit automobile des Mureaux, où les contribuables locaux ont laissé plus de plumes qu’on ne le leur a (gentiment) dit.

La Formule 1 pour les enfants des Yvelines © Rayclid

Elle commence en 2008, après l’annonce par la Fédération internationale du sport automobile que le circuit de Magny-Cours n’accueillerait plus le Grand Prix de France de Formule 1 : c’est à ce moment-là que le département des Yvelines, présidé, à l’époque, par l’excellent Pierre Bédier, décide de se doter, pour le modique « coût estimatif » de 211,6 millions d’euros de son propre circuit, flanqué, pour faire bonne mesure, d’un « centre des congrès ».

Un gros coup de frein à plusieurs millions d’euros

Aussitôt imaginé, aussitôt fait : le 26 septembre 2008, le conseil général vote une délibération qui apporte « son soutien tant politique que financier à l’implantation du Grand Prix de Formule 1 dans les Yvelines, sur le site de Renault-Flins-Les Mureaux », et mandate son (excellent) président – qui sera démis de ses fonctions en mai 2009, après sa condamnation pour corruption active – pour « mener toute négociation utile à la réalisation de cette implantation ».

Un an plus tard, ce bel enthousiasme n’est plus qu’un déjà lointain souvenir : en décembre 2009, le projet est abandonné, et le département révèle en janvier 2010 « au grand public et à la presse » qu’il a – tout de même – coûté, en études diverses et autres travaux préparatoires, et en l’espace de quelques mois, la coquette somme de 7,8 millions d’euros à la collectivité.

Problème : ce total ne tient pas compte de « toutes les dépenses » réellement « supportées par le département », s’étonne aujourd’hui la CRC.

Des oublis dans la compta

Ainsi, « les frais de personnel », d’un montant de 200.000 euros – correspondant à l’embauche de trois personnes « recrutées spécifiquement pour ce projet » ont été « omis ». De même, « certains frais de communication » ont été oubliés, comme, par exemple, « la réalisation, en décembre 2008, d’une plaquette de communication sur le circuit, dont la facture s’est élevée à 35.472 euros » – de sorte que les « rares » dépenses de communication « liées au circuit » mentionnées par le département sont « selon toute vraisemblance, nettement en deçà de la réalité ». Enfin, le conseil général, dans son louable souci de transparence, ne mentionne ni les « frais liés au terrain » où le circuit devait être construit, que la CRC évalue à 270.000 euros, ni l’indemnité de 250.000 euros versée après la « résiliation du marché de la maîtrise d’œuvre » aux « prestataires » à qui sa réalisation avait été confiée.

Tout compte (re)fait, « le coût total » du projet a donc été, en l’espace d’un an, et avant qu’il ne soit purement et simplement abandonné, d’ « environ neuf millions d’euros », explique la chambre régionale des comptes – et non de 7,8 millions, comme cela a été dit à la presse et au public.

Soit une différence de plus d’un million d’euros, où le contribuable des Yvelines pourra mesurer que les mêmes, qui par temps de crise prônent toujours plus d’austérité, ont des fois de la difficulté à se plier aux nécessités de la rigueur…

 

Luis PERENNA

 

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