La France des fins de mois compliqués s’insurge ?

Après les violences et les dégradations survenues samedi 1er décembre en France, notamment à Paris sur la place de l’Étoile et dans les rues alentours, les rassemblements des gilets jaunes inquiètent l’Élysée et Bruxelles dans ce qui pourrait devenir un tsunami à 5 mois des consultations Européennes (l’impact de ces élections sera déterminant pour l’ensemble des politiques Européennes, un rendez-vous décisif dont l’essor spectaculaire des “gilets jaunes” laissera des traces profondes et durables pour les décennies à venir).

Pauvres, taisez-vous ?

Des gilets jaunes toujours plus mobilisés.

Le peuple s’est emparé des outils de Facebook pour se mobiliser et mettre en avant la misère dans laquelle il est confronté au quotidien depuis des années. Une articulation très efficace qui a entrainé la visibilité d’injustices fiscales comme clé de compréhension sociale que le gouvernement n’a pas été en mesure de comprendre sur le vif, tellement l’exécutif a exprimé une impossibilité à entendre les revendications de la France “d’en bas”.

L’appel aux gouvernants : Les “gilets jaunes” parlent d’une précarité, un frigo vide, un découvert bancaire, des agios inadmissibles, des injustices grandissantes… Dans le mouvement de ces gens enracinés sur des ronds-points (jours et nuits), souvent des retraités, beaucoup de femmes, mais aussi un monde oublié [des exclus à la santé dévastée par la pauvreté], il faut y voir des espérances usées, des corps fatigués, ravagés par un pouvoir d’achat sans cesse en régression, des regards perdus, des corps broyés par l’humiliation permanente de fins de mois difficiles…

 

La colère est montée !

Dans toute la France, la colère, un phénomène inédit dans l’histoire des mobilisations, accentué par un déferlement de revendications qui échappe à l’ensemble de l’exécutif (arc-bouté dans un jusqu’auboutisme), dépassé par une révolte fondée sur des raisons économiques que la majorité n’a jamais mesuré à la hauteur du soulèvement de tout un peuple.

Ce type de basculement intervient dans un contexte où la crise déclenchée par le mouvement des “gilets jaunes” n’a obtenu aucun échos favorable capable de suspendre l’impossible dialogue entre “deux France” opposées.

 

Vivre mieux…

 

Gilets jaunes : Qu’ils s’en prennent aux riches ! L’argent, il y en a, mais il n’est jamais prélevé là où il le faut !

En retour, Bruno Le Maire annonce que si les négociations pour mieux imposer les géants du numérique au niveau Européen n’aboutissent pas, la France imposera “dès 2019” une taxe nationale. A ce jour, les Amazon, Google, Facebook et autres Apple, ne paient (par le jeu de l’optimisation fiscale), que 9% d’impôts sur leurs bénéfices des sociétés dans l’Union Européenne, contre 24% pour les entreprises classiques.

L’argent, dit le ministre de Bercy, “Il est chez les géants du numérique qui font des profits considérables grâce aux consommateurs Français, et qui payent 14 points d’imposition en moins que les autres entreprises, les PME et les TPE”.

 

La France retient son souffle… Samedi noir ou samedi jaune ?

Plus de 12000 grenades lacrymogènes tirées samedi 1er décembre à Paris. La capitale panse ses plaies, la justice multiplie par 3 ses effectifs pour juger les “gilets jaunes”. Au bout du rouleau, les policiers tirent la sonnette d’alarme.

Réponse de la préfecture, une solution rare : Des blindés dans la capitale.

Y’aura-t-il samedi 8 décembre (l’acte IV des “gilets jaunes”), des blindés dans Paris ? Une première pour la gendarmerie (celle-ci dispose d’environ 80 exemplaires destinés à déblayer les barricades et maintenir l’ordre). Seul le Premier ministre peut solliciter l’intervention de ces engins anti-émeutes.

Blindé gendarmerie

Interpellations de masse : La préfecture de police de Paris se prépare à mettre en place un dispositif dissuasif (jusqu’à 800 interpellations). Des contrôles d’identité pourraient être ordonnés par le procureur sur tous les lieux de passage de la capitale (gares, métro, bus, sorties du périphérique).

 le peuple dans la rue

Paris 8 décembre 2018 : Des allures d’une Tchécoslovaquie à une certaine époque ?

Grèce, Italie, Grande Bretagne… Les directives de L’Europe sont-elles en cause ?

29 mai 2005 : C’était il y a 13 ans, 55% des électeurs votaient NON au référendum sur la constitution Européenne !

GSV