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16 mars, des similitudes avec mai 68 ?

Mai 68 9

Les Gilets Jaunes seraient-ils les héritiers de mai 68 ?

Pour certains, cette comparaison avec les événements de 68 laisse perplexe ou fait sourire lorsqu’elle est présentée de cette façon, mais elle n’est pas privée d’une certaine similitude, notamment concernant les injustices sociales et les injustices fiscales liées aux deux soulèvements. Si mai 68 fut d’abord et avant tout une révolte sociale d’une ampleur inédite dirigée contre les inégalités sociales et les bas salaires, contre la finance et le nouveau système incontrôlable de consommation, force est de constater que l’esprit de rébellion de mai 68 a été savamment “anesthésié” par un pouvoir trop puissant, non partagé. Avec le temps (un demi-siècle), c’est finalement la formidable puissance d’un système politique à “marchandiser” les moyens les plus lucratifs contre des attentes sociales et des demandes de justice d’ampleur, qui reviennent aujourd’hui tel un boomerang avec la révolte des Gilets Jaunes.

Mai 68… Il y a trois grands perdants politiques en 1968 : De Gaulle est poussé vers la sortie, le Parti communiste est dépassé, et l’extrême-gauche est dévaluée. Tous les modèles politiques autoritaires sont contestés et balayés.

Présidentielles 2017… Il y a deux grands perdants dans ce dégagisme politique, le parti socialiste est pulvérisé, la droite est littéralement KO, deux grands partis politiques dans l’impossibilité de se relever avant des années.

N’est-ce pas pourquoi “on le sentait venir” ? N’est-ce pas pourquoi “on le voyait venir” ? N’est-ce pas pourquoi une majorité de nos concitoyens comprennent ou approuvent “l’interminable” révolte des Gilets Jaunes ?

Mai 68 5Gilets Jaunes, du jamais vu depuis 68 ?

La crise des Gilets Jaunes est-elle comparable à mai 68 ?

Y a-t-il eu des violences policières en Mai 68 ?

L’usage des armes à feu a été exceptionnel pendant les événements de mai 68. D’après la plupart des historiens, les nombreux abus des forces de l’ordre ont contribué à radicaliser les étudiants. Il y a eu sept morts au cours des manifestations de mai et juin 1968. Les forces de l’ordre ont tiré deux fois à balles réelles. Le 30 mai dans le Calvados, tuant un jeune homme, et le 11 juin, devant l’usine de Sochaux à Montbéliard, abattant l’ouvrier-serrurier Pierre Beylot, 24 ans. Quant aux manifestants, ils n’ont pas utilisé d’armes à feu. Mais si mai 1968 n’a pas été une révolution sanglante, ni même une “révolution” au sens d’une tentative de renversement politique, ce ne fût pas non plus une “Fête-carnaval”, un “amusement populaire”, ou des “réjouissances” menées par “une jeunesse dorée du XVIe arrondissement”, comme a pu l’écrire Raymond Aron.

PARIS : Mai 68Un gendarme mobile relance un pavé en direction des étudiants (Boulevard Saint Michel le 6 mai 1968).

Mai 68 3

Le mouvement des Gilets Jaunes est comparable aux grandes manifestations étudiantes de mai 68 ? Même barricades, même coups de matraque, même animosité à l’égard des forces de l’ordre et mêmes appels à plus de justice sociale.

Barricade du 25 mai 68 quartier latin Paris

Quartier latin, tant bien que mal, des riverains essaient de se frayer un passage au lendemain des barricades.

 

Dès les premiers jours, le gouvernement De Gaulle entend étouffer dans l’œuf “l’agitation étudiante” née à l’université de Nanterre, où la mobilisation contre la guerre du Vietnam s’étend irrémédiablement, comme elle l’a fait sur les campus Américains et Européens. Le 3 mai, il fait évacuer manu militari la Sorbonne, où se tient un meeting. Ce sera la faute originelle de mai 1968 et le départ le plus “brûlant” de deux mois d’une révolte intensive.

11 mai 68

Les acteurs de mai 68 : 

Daniel Cohn Bendit alias “Dany le rouge”. Le parcours de Daniel Cohn-Bendit serait-il symptomatique de l’héritage de Mai 68 ?  Pour Dany le Rouge, aucun rapport entre mai 68 et décembre 2018. “En 68, on se battait contre un général au pouvoir. Les gilets jaunes aujourd’hui demandent un général au pouvoir”. [Ça me fait peur dit-il…] 

Cohn Bendit

Mai 68… Un 1/2 siècle plus tard, Daniel Cohn Bendit défend Emmanuel Macron contre le mouvement “poujadiste” des Gilets Jaunes (sur LCI, échange tendu entre le soixante-huitard “Dany le rouge” et le gilet jaune Jérôme Rodrigues).

 

Daniel Cohn-Bendit 2

Mais qui peut mieux symboliser mai 68 que “Dany le rouge” ? Celui par qui, sans doute, tout est arrivé ! Né d’un père Allemand et d’une mère Française, il a choisi à sa majorité la nationalité Allemande pour éviter le service militaire.

En mai 68, il a 23 ans et étudie à l’université de Nanterre, en banlieue parisienne. Lors de l’occupation de la faculté de Nanterre, il crée le “mouvement du 22 mars” qui le consacre sous le nom de “Dany le rouge”, comme porte-parole et leader de la révolte. Le 22 mai 1968, il est expulsé de France vers l’Allemagne, dont il avait la nationalité, il revient clandestinement sur le sol Français quelques jours plus tard ses cheveux roux teints en noir.

Dix ans d’interdiction. Il sera interdit de territoire par les autorités Françaises jusqu’en 1978. Puis, il s’éloignera peu à peu de l’anarchisme pour commencer une nouvelle carrière politique sous la bannière des Verts allemands.

En 1984, il adhère au parti vert Allemand, « Die Grünen », puis au parti Français des Verts, des bannières sous lesquelles il a joué un rôle politique comme député Européen.

Aujourd’hui, Daniel Cohn Bendit ne se souvient plus trop de “Dany le rouge”, le leader des “enragés de Nanterre” ne provoque plus, ne dérange plus le pouvoir, mais critique sévèrement la révolte des Gilets Jaunes.

 

Alain Geismar… En Mai 68, il a 28 ans, et tout en travaillant comme maître assistant au laboratoire de physique de la rue d’Ulm, il occupe la fonction de secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup). Avec Daniel Cohn-Bendit et Jacques Sauvageot, c’est la troisième grande figure contestataire de mai 68. Le soir du 3 mai, il lance un appel à la grève générale dans l’enseignement supérieur.

Après 1968, il dirige, avec Benny Lévy, une organisation maoïste, la Gauche prolétarienne (GP). Il est incarcéré en 1970 à la suite d’un retentissant procès. Inspecteur général de l’Éducation nationale en 1990, il devient membre des cabinets des ministres de l’Éducation dans les gouvernements de Michel Rocard puis d’Édith Cresson. Aujourd’hui, il est maître de conférences à l’IEP de Paris.

Jacques Sauvageot… En mai 68, il a 25 ans et étudie le droit et l’histoire de l’art à la Sorbonne. Il est également membre des étudiants du PSU et vice-président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Le 3 mai, il fait partie de la délégation chargée de négocier le départ des CRS qui viennent de débouler dans la cour de la Sorbonne occupée par les étudiants. Bilan de l’opération, il fait partie des 571 personnes arrêtées ce jour là par les forces de l’ordre. En mai 1969, il devient président d’honneur de l’UNEF, et adhère au PSU de Michel Rocard. Aujourd’hui, il est professeur d’histoire de l’art et directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes.

Alain Krivine… En Mai 68, il a 27 ans. Secrétaire de rédaction chez Hachette, il dirige le mouvement trotskiste de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), qu’il a lui-même fondé avec Henri Weber. Dès le 3 mai, il descend dans la rue aux côtés des étudiants, et fait partie des 574 personnes interpellées lors de l’intervention des CRS à la Sorbonne. Ayant vu la JCR dissoute par le gouvernement en juin, il est emprisonné en juillet, et libéré à l’automne. En 1969, il créé la Ligue communiste. Aujourd’hui, il est l’un des piliers de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), avec notamment Olivier Besancenot.

Romain Goupil… En Mai 1968, il a 16 ans. Déjà politiquement engagé, il crée les Comités d’action lycées, qui seront à la pointe de la révolte étudiante. A cause de son activité politique, il est exclu du lycée Condorcet, à Paris. Chargé du service d’ordre des Trotskistes, il prépare militairement la révolution. Il prend ensuite ses distances avec la LCR (alors LC). Son premier long-métrage, « Mourir à trente ans », est réalisé à partir de rushes qu’il a tourné avant et après mai 68 avec le projet d’en faire un film militant. Ce cinéaste, un des piliers du militantisme pendant les événements, est aujourd’hui “socialiste et pro Macron”.

Mai 68 6

Laissez-nous vivre… dans la dignité ajoutent les Gilets Jaunes…

Mai 68… Le discours du 30 mai du général De Gaulle signera la fin de la révolte. La Vème République a tenu bon. 1/2 siècle plus tard, peut-on vraiment parler d’une stabilité républicaine pour tous ?

 

GSV

13 thoughts on “16 mars, des similitudes avec mai 68 ?”

  1. Moisan dit :

    Salut. 70 balais et toujours prêt à manifester ! Mais là ça ne suffira pas, il faudrait une bonne grève générale comme en 68 et dégager tout ce qui ne va pas, y compris les institutions qui leur donne tous les pouvoirs.

  2. Philippe dit :

    Les gilets jaunes : JUSTE MERCI ! Je pensais que ça n’arriverait plus jamais ! Je pensais que les Français n’avaient plus de volonté, plus de volonté du tout ! J’étais même dégoûté, ben… je me suis trompé ! Bientôt 5 mois qu’ils se battent comme des vrais guerriers, et ils ne lâchent rien ! Enfin la vérité ! Enfin de l’espérance ! Enfin de l’espoir !

  3. Steph dit :

    Tous ces carbonisés de grassouillets soixante-huitards n’ont fait que s’embourgeoiser sur notre dos en trahissant 68 pour nous prendre pour des corniauds. Des vendus qui se la coule douce pendant que les vrais soixante-huitards défilent encore tous les samedis avec la hargne comme au bon vieux temps. Pas étonnant qu’ils viennent cracher sur les gilets jaunes sur toutes les chaînes ! Des corrompus ! A vomir !

  4. Victor dit :

    Géant nos gilets jaunes ! Dehors nos grands penseurs dictateurs ! Dehors nos journalistes aux niches fiscales bien à l’abri ! Qu’ils nous haïssent tous et qu’ils nous craignent tous, leur bon temps est terminé. Faut pas se leurrer, c’est maintenant ou jamais !

  5. Sylvain dit :

    Vous allez voir qu’ils vont nous faire encore trainer leur grand débat jusqu’au 26 mai ! Ils en ont rien à foutre des gilets jaunes, pendant ce temps l’essence augmente, l’EDF augmente, les péages augmentent et ils vendent nos aéroports comme ils ont vendu nos autoroutes !

  6. Murielle dit :

    De Gaulle a mis fin à la révolte de 68 par une dissolution et il est parti l’année suivante sur un référendum. Que Macron en fasse autant et le peuple souverain décidera de son avenir !

  7. Alex dit :

    La génération 68 prétendait « interdire d’interdire » ; l’ironie du sort a fait de certains de ces dits « progressistes », de bons gros bourgeois moralistes et profiteurs – qui désormais verrouillent la société française – ce sont les plus grands prescripteurs d’interdits, de contraintes et de contrôle social de notre temps. Mais voici de vrais soixante-huitards avec un gilet jaune, qu’en pense Dany le rouge ?

  8. JOJO dit :

    Chers Gilets Jaunes. Si le gouvernement a besoin d’aller chercher des renforts policiers un peu partout, c’est peut-être parce que de plus en plus de policiers et de gendarmes se mettent en arrêt maladie. Parce qu’ils désapprouvent les ordres. EH ouais, ça use, en 68 ça n’a duré que deux mois mais avec les gilets jaunes ça fait déjà 5 mois et les plus virulents sont des soixante-huitards ! Des vieux routards quoi !

  9. Jérôme dit :

    Affaire Geneviève LEGAY. La responsable de l’enquête est la compagne du brigadier qui a ordonné la charge des CRS. Le procureur « ne voit pas en quoi ça pose problème ». Ben oui quoi, des conclusions en famille c’est quand même mieux !

  10. Pauline dit :

    Nouvelle atrocité anti Gilets Jaunes : Après avoir été accusés d’être poujadistes, fachos, factieux, xénophobes, homophobes, antisémites, pyromanes, on nous explique que la mortalité sur les routes, c’est à cause des Gilets Jaunes. Pourquoi pas le réchauffement climatique, la fonte des glaces et la montée des eaux ? Faîtes le rapprochement, la génération « 68 » a elle aussi été accusée de fachos, factieux, bobos, fainéants, casseurs et etc…

  11. Gauthier dit :

    Ils (les décideurs) présentent les gilets jaunes comme des terroristes, mais en vérité, qui sont les gilets jaunes ? D’après plusieurs études réalisées depuis novembre 2018, les gilets jaunes ne sont que la partie émergée de la crise sociale. Ils veulent une autre société, ils veulent une vraie répartition des richesses en France. Ils refusent le système actuel où des actionnaires s’accaparent des plus grandes richesses des grandes entreprises au dépend des salariés et de l’économie réelle. Qui dans ce système peut vouloir, accepter et reconnaître cette France là comme un nouveau modèle social ? Certainement pas les gilets jaunes, est-ce pour cela qu’on les rabaisse au niveau du caniveau, qu’on les vise et qu’on leur tire dessus comme de vulgaires lapins ? A l’évidence, une rupture de classe jamais vue depuis la révolution Française !

  12. Lucie dit :

    Pourquoi les gilets jaunes depuis des mois et des mois ? Une crise sociale, il fallait y répondre par des mesures sociales et non pas programmer plus de violences policières et plus de répression chaque semaine. Dans le même temps, OUI les impôts vont encore baisser pour les plus riches et OUI les taxes et les impôts vont encore augmenter pour les plus pauvres et OUI ils veulent faire travailler les petites gens jusqu’à ce qu’ils n’en peuvent plus, c’est déjà en route !

  13. Julie dit :

    Une belle ânerie mai 68, l’inflation a récupéré les augmentations de salaire en deux coups de cuillère à pot. Par contre on se tape toujours les Cohn Bendit, Romain Goupil, Serge July et compagnie. Sans compter l’état d’esprit de ces soixante-huitards qui a tout gangréné !

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